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ParPatrick Jonniaux

Martin Guérard sur Canal C

Martin Guérard était l’invité du journal de Canal C en janvier 2016 suite à l’action de la Locale de Namur.

ParPatrick Jonniaux

Déclaration pour une SNCB forte, accessible et de qualité

mobilité 01 sncbEn collaboration avec d’autres organisations, une déclaration commune a été rédigée, n’hésitez pas à la rejoindre.

Alors qu’à la COP 21, les dirigeants du monde entier se sont positionnés pour mettre un frein au réchauffement climatique, le gouvernement belge fait tout pour rester mauvais élève.

Celui-ci fait fausse route sur sa politique de mobilité et particulièrement dans le dossier SNCB. Un exemple : chaque matin, il y a en moyenne 140km de bouchons sur nos routes. La Belgique est un des pays les plus embouteillés au monde, avec tout le stress pour les travailleurs, les conséquences économiques négatives pour les entreprises et les émissions de CO2 que cela peut engendrer. Chacun sait que des transports publics de meilleure qualité sont indispensables pour apporter une solution à ce problème. Cependant, le gouvernement belge poursuit sa politique de l’immobilité : il désinvestit massivement dans les transports publics, tout en continuant à subsidier les voitures de société à plus de quatre milliards d’euros par an.

Notre pays s’illustre tristement avec ses chemins de fers : les investissements pour la sécurité se font après que des accidents graves surviennent, les temps de parcours des trains sont allongés pour masquer les retards structurels, l’offre en transport diminue alors que les besoins en mobilité durable sont grandissants. Alors que la SNCB transporte sans cesse plus de passagers avec sans cesse moins de personnel, le gouvernement réduit les moyens de 3 milliards. Quel patron désinvestisserait d’une entreprise dont le chiffre d’affaire augmente depuis 10 ans et dont l’avenir est garanti vu les efforts à faire pour le climat ? Aucun. Le gouvernement belge par contre ne se prive pas.

D’autres manières de faire sont possibles. Réorientons les subsides aux voitures de sociétés vers les transports en commun, et les embouteillages disparaitront. Un seul quart de ces subsides pourrait refinancer la SNCB et y doper considérablement la qualité et les fréquences. Un autre quart pourrait même la rendre gratuite pour tous les usagers. La situation actuelle n’est donc pas une fatalité, et la baisse de qualité qui se poursuivra jusqu’à la privatisation du rail est un horizon qu’il faut refuser.

Si le désinvestissement dans les transports publics pénalise les usagers, il est également payé par les employés de la SNCB. Nous comprenons que les membres du personnel s’opposent aux projets de déconstruction du rail, puisqu’ils demandent, comme nous, des transports publics forts, accessibles et de qualité. Il n’est donc pas acceptable que les employés soient descendus dans la presse et que le gouvernement se saisisse du désaccord entre partenaires sociaux pour s’attaquer aux syndicats.

En tant qu’organisations de la société civile, nous avons à cœur la justice sociale et la préservation du climat. Nous sommes ces usagers du rail, navetteurs, étudiants, voyageurs, – mais aussi automobilistes contraints en recherche d’une alternative – qui rêvent que le gouvernement choisisse d’assumer qu’il est à la tête d’un service public et qu’il doit y investir pour qu’il soit accessible, exemplaire, sûr, de qualité et au service de tous. Nous sommes également aux côtés de ces travailleurs qui depuis des années doivent faire mieux avec moins et à qui on demande demain de faire encore mieux avec beaucoup moins. Pourtant, à voir l’état de la SNCB, il est clair que cela n’amènera que stress, retards et baisse de qualité. Et ce ne sont pas les travailleurs qui doivent être jugés mais bien les responsables du piteux tableau actuel. Nous voulons un tout autre projet pour la SNCB et ce n’est qu’ensemble que nous pourrons le porter avec succès.

Tout Autre Chose, Hard Boven Hart, la Fédération des Etudiants Francophones, le Climate Express, Alternatiba-Bruxelles, le réseau ADES, la ligue des familles, le Comité des élèves francophones, le MOC-Bruxelles, Inter-Environnement Bruxelles, le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, Nucléaire Stop Kernenergie, le théâtre Croquemitaine, No-limit-event, le collectif Sentiers de la Haute Haine, Lessive solidaire, Le Moteur des Cent Sans, la Formation Léon Lesoil, le collectif Présences Noires, la Centrale générale FGTB, Ecolo-J, Paysans-artisans SCRL FS, L’/élément/’terre, le journal POUR, ATTAC Liège, Vivre Ensemble asbl, Comac, la CSC-enseignement, Médecine pour le Peule, l’Appel pour une Ecole Démocratique (APED/OVDS), les Equipes Populaires, la Centrale Nationale des Employés, CSC-ACV Bruxelles-Hal-Vilvoorde, Alternatiba Louvain-la-Neuve, Rencontre des Continents, Companie Art & tça, ZIN TV, Les Compagnons de la Transition, FIAN Belgium, Changements pour l’Egalité, ATTAC BXL, GGSP wallonne, Collectif oser, CNAPD, Réseau IDée asbl, BRAL, European Railway Agency, USO, FGTB-Bruxelles, ZIN TV, Fédération des Résistances, Comité CSC Bruxelles, LEF/FGE, Maison de l’écologie, Coin du Balai en transition, Fédération Internationale de la Diaspora Afar (FIDA), Mouvement politique des objecteurs de croissance, Union nationale des services publics, Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, Kairos Europe, PROJET LAMA, Fédération des associations sociales de santé, RTA, Pro-jeuneS, Réseau justice fiscale, syndicat des locataires, le magazine Imagine, Zorobabel, Skatoria, Climaxi vzw, Agir pour la Paix, Cresl, ACRF – Femmes en milieu rural, Centre de culture européenne, Comité de Vigilance en Travail Social, Syndicat Indépendant pour Cheminots, Fédération des Résistances, Maison Médicale Couleurs Santé, ATTAC Charleroi et le festival Arc-en-musique appellent toutes les organisations de la société civile à signer cette déclaration, et à tous les citoyens à se bouger avec nous pour une SNCB forte, accessible et de qualité.

ParPatrick Jonniaux

RCTT comme alternative : discutons-en !

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La réduction collective du temps de travail (RCTT) est une alternative forte par rapport à la situation d’inégale répartition du temps de travail, de nos souhaits d’une plus grande articulation entre nos temps de vie – professionnels, privés, d’engagement, de bénévolat, familiaux, etc. -. De nombreux a priori doivent être dépassés si on veut que cette alternative puisse être considérée. Petit florilège:

[blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »La RCTT est une utopie, elle ne peut être mise en pratique »][blox_text animation= »none »]

Depuis le XVIIIème siècle, nous avons eu plusieurs réductions collectives du temps de travail. De plus, nous sommes confrontés aujourd’hui à une réduction massive du temps de travail, sauf qu’elle se fait sur le dos des chômeurs, des bénéficiaires du RIS, sur les personnes, en majorité des femmes, forcées d’accepter des temps partiels… Dans le même temps, des personnes souffrent au travail, font largement plus que le quota d’heures fixé légalement.

La réduction collective du temps de travail ne doit pas non plus s’envisager uniquement à partir du nombre d’heures de travail hebdomadaires, mais concerne aussi l’ensemble de la vie professionnelle. Favoriser les études ou la reprise d’étude, les crédits-temps, préserver un âge décent de retraite sont des dimensions tout aussi importantes.

[/blox_text][/blox_accordion_item][blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »La RCTT diminue la productivité de l’entreprise (l’entreprise ne sera pas rentable pour financer tous les salaires) »][blox_text animation= »none »]

De quelle productivité parle-t-on ? De celle qui nous incite à produire toujours plus sans que la demande n’augmente parce que le pouvoir d’achat ne peut suivre? La ville de Goteborg, en Suède, a décidé de passer à la semaine de 30h pour tous les travailleur-e-s des services publics (hôpitaux compris) afin d’améliorer la productivité et le bien-être. Après plusieurs mois, les résultats tendent à prouver que la productivité a augmenté. Et 14 personnes ont été engagées.

De nombreux autres exemples existent : la réduction du temps de travail s’accompagne d’un absentéisme plus faible, ainsi qu’une diminution des accidents de travail. Elle peut en outre permettre des plages d’activité plus grandes.

[/blox_text][/blox_accordion_item][blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »La RCTT c’est la délocalisation des entreprises vers des régions où la main d’œuvre est moins couteuse (l’entreprise ne tiendra pas la concurrence) »][blox_text animation= »none »]

Aujourd’hui, les entreprises délocalisent. Plusieurs entreprises allemandes ont réduit le nombre d’heures de travail par semaine et pourtant l’économie allemande est en bonne santé. Des économistes allemands ont d’ailleurs lancé il y a quelques mois un appel européen visant à remettre la RCTT au centre du débat politique. Notre économie, pour fonctionner, doit se spécialiser. Il y aura toujours des pays qui proposeront des salaires plus bas. Mais à quel prix pour les travailleur-e-s ? Le coût de la main d’œuvre est toujours pointé du doigt, mais on oublie tous les autres coûts pour produire (notamment en matière d’énergie) et, surtout, on oublie que les travailleur-e-s ne sont pas un coût, mais que ce sont eux qui permettent à l’entreprise de produire. S’ils sont bien traités, ils sont plus productifs.

[/blox_text][/blox_accordion_item][blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »La RCTT augmente la surcharge de travail (« je devrai travailler plus avec moins de temps de travail ») »][blox_text animation= »none »]

La RCTT concerne les travailleur-e-s soumis au régime des 36 ou 38h/semaine. Des embauches compensatoires seront nécessaires dans de nombreuses entreprises. Ces nouveaux travailleur-e-s pourront partager. Et si les règles sont bien fixées et négociées, notamment au niveau sectoriel, les nouvelles embauches seront effectives.

[/blox_text][/blox_accordion_item][blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »La RCTT va appauvrir la population (« si je travaille moins, je gagnerai moins ») »][blox_text animation= »none »]

Sur ce sujet, des propositions différentes existent, mais il est clair qu’aucune ne propose de mettre en place une réduction collective du temps de travail qui appauvrisse les travailleur-e-s. Il y a cependant deux éléments à prendre en considération. Le premier concerne la nécessité de revoir la taxation sur le travail, de manière à permettre un glissement des revenus du travail vers les revenus du capital qui n’affecte pas le salaire poche. Le second élément concerne la diminution des coûts par l’augmentation du temps disponible. Des frais précédents pourront disparaitre parce que le temps de travail diminue. On peut penser par exemple à des frais de garde, des trajets, des frais médicaux (liés au stress au travail, par exemple)…

[/blox_text][/blox_accordion_item][blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »Ceux qui défendent la RCTT sont des paresseux qui ne veulent pas travailler ! »][blox_text animation= »none »]

La plupart des partisan-e-s de la RCTT le font pour permettre une meilleure répartition du travail. D’autres ajoutent l’importance de libérer du temps de travail pour le consacrer à d’autres choses : s’occuper de soi et de sa famille, s’engager, participer à la vie sociale, culturelle… Ce n’est, a priori, pas la manière dont on conçoit l’emploi aujourd’hui. Pourtant, le développement de cette sphère autonome est créatrice de richesses. Peut-on dire à une personne qui n’a pas d’emploi mais qui consacre son temps à une activité bénévole, s’engage dans son quartier… qu’elle est paresseuse ? Ce serait une vision étriquée de l’emploi et du travail.

[/blox_text][/blox_accordion_item][blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »Les Français ont mis en place les 35h. On a vu ce que ça a donné ! »][blox_text animation= »none »]

Oui, justement. L’Assemblée nationale française a réalisé de nombreuses auditions et a sorti un rapport en décembre 2014. La conclusion est claire : « Les 35h sont la politique qui a créé le plus d’emplois et qui a coûté le moins cher ». Et pourtant, ils pointent combien de nombreuses initiatives auraient pu être prises pour encore améliorer les effets positifs et les embauches.

[/blox_text][/blox_accordion_item][blox_accordion_item icon= »fa-th-large » title= »La RCTT, c’est un truc du passé ! »][blox_text animation= »none »]

Ce n’est pas parce qu’une idée a été en vogue il y a quelques années et n’a pas été appliquée, qu’elle cesse d’être pertinente. Il y a une diversité incroyable d’associations, d’intellectuel-le-s, de syndicats, de citoyen-ne-s, de partis qui, aujourd’hui encore, réclament cette RCTT. Si nous continuons à suivre les principes actuels du capitalisme, nous serons les plus compétitifs peut-être, mais malades de trop travailler, de trop s’appauvrir… Si une idée est bonne, elle mérite de s’en préoccuper. Etre actif sur le marché de l’emploi ne peut être l’unique but de chacun-e-s de nous. Nous avons besoin de temps pour vivre mieux et plus.

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Quelques ressources pour aller plus loin :

La page du collectif Roosevelt et notamment l’abcédaire de la RCTT traduit de l’allemand

En réaction à la suppression des crédits temps, Bernard Fusulier propose, à l’inverse, de renforcer les dispositifs de réduction du temps de travail dans une société « multi-active » (Revue Démocratie, février 2015)

Analyse par G. Valenduc et P. Vendramin (FTU) de la perception et des perspectives politiques nouvelles en faveur de la RTT par les militants syndicaux : « La réduction du temps de travail : un OVNI pour les militants syndicaux ? » (Revue Démocratie, octobre 2013)

Analyse de Saw-Be : « Réduction collective du temps de travail : le temps d’agir » (2011).

Dossier de la revue Politique (n°67, 2010) consacré au thème « Temps de travail, Temps de vie« , avec des analyses multiples.

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Des positions d’acteurs :

Jean Hindriks, membre de la commission « Pensions », « Les gens veulent ralentir ! » (Le Soir, 2 octobre 2015)

Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, a mis sur la table du « groupe des 10 » (groupe de concertation social national) la semaine de 32 heures, en réaction au « tax shift » initié par le gouvernement, qui diminue les cotisations sociales sans contrepartie réglementée en termes d’embauches (cf. interview dans Le Soir du 10 août 2015). Marie-Hélène Ska (CSC) dit approuver la proposition (La Première, 21 août 2015).

Une analyse de l’Organisation Internationale du Travail, “Le partage du travail peut sauver des emplois en période de crise” (2013)

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A l’agenda

Formations organisées par Roosevelt les 8 et 29 octobre, de 18h à 21h à la Maison du travail de Namur. Plus d’infos.

TAC Liège avec le MOC Verviers et le Centre Régional d’Intégration de Verviers organise un débat entre Bruno Colmant et Edgard Szoc sur le thème « Flexibilité du travail versus RCTT », le 12 novembre à Verviers.

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