Archives de catégorie LLN

ParPatrick Jonniaux

Le business du BIO

a_quel_label_bio_se_fier_detailLe « bio » : responsable, éthique et local
ou création d’un nouveau business ?

Aujourd’hui le bio a le vent en poupe. Les magasins spécialisés en bio poussent comme des champignons et on retrouve facilement des produits labellisés dans nos grandes surfaces. Cependant, toutes les sphères bio ne se valent pas. A Corbais, un projet de construction d’un bio-planet (Colruyt) soulève beaucoup de critiques des acteurs locaux du bio.

Y aurait-il une différence entre un « bio industriel » et un « bio éthique et local » ?

Dans un marché alimentaire encore largement dominé par les grandes surfaces, les voix de petits producteurs, militants et consommateurs s’élèvent pour dénoncer la dérive des produits « bio ». A l’origine, la certification bio fut créée selon des valeurs paysannes de respect de la nature, solidarité entre producteur, proximité, diversité des cultures et des élevages, juste prix, etc.

Cependant, il est à présent facile d’observer la fracture entre ces valeurs et la réalité des produits bio présents dans les étalages des grandes surfaces : suremballage, provenance lointaine des produits, etc. Chaque consommateur peut observer clairement un manque de cohérence entre le « bio industriel » et les valeurs environnementales et éthiques qu’ils se disent respecter.

La grande distribution achète des produits qui ont fait le tour du monde pour arriver dans l’assiette du consommateur.

« La grande distribution achète des produits qui ont fait le tour du monde pour arriver dans l’assiette du consommateur. Ce n’est pas cohérent sur un plan environnemental, mais aussi social, parce qu’en général c’est fait sur le dos de gens qui sont payés moins de 2€ par jour à l’autre bout de la planète. », explique le directeur de Biocoop, Claude Gruffat.

Il semble clair que le marché du bio migre de plus en plus vers un « bio business» industriel, mécanisé et standardisé. En effet, pour répondre à une demande croissante de produits qui n’ont de « bio » que le nom, les procédés de l’agriculture conventionnelle sont de plus en plus souvent appliqués au bio : mécanisation accrue des exploitations, pression pour la standardisation des produits, … Depuis sa création en 1999, le label européen bio ne fait qu’assouplir ses critères au lieu de les rendre de plus en plus exigeants. En effet, au lieu d’évoluer vers un progrès pour un respect de plus en plus accru de la nature et de l’environnement, les critères bio européens sont nivelés par le bas et autorisent de plus en plus de types d’intrants et de traitements. Par exemple, aujourd’hui 0,9% d’OGM sont autorisés dans les produits labellisés bio.

Un prix toujours plus bas. Oui mais a quel prix?

Il est vrai qu’un supermarché bio tel que le Bio-Planet peut paraître très attrayant au vu des prix bas qu’il propose. Cependant, le prix le plus bas n’est pas le prix le plus juste pour le producteur. La pression sur les prix amenée par la grande distribution érode les exigences du bio mais pousse également le producteur à vendre ses produits toujours moins cher.

Qu’il soit producteur local ou producteur d’ailleurs, le combat est similaire. La réalité rurale au Nord comme au Sud révèle aujourd’hui que les agriculteurs gagnent à peine suffisamment pour pouvoir vivre de leurs activités. Par exemple, lorsque la tomate est à 2 euros le kilo en supermarché, le producteur n’en touchera finalement que la moitié et ce prix doit payer non seulement la cueillette mais également son travail de toute l’année (plantation, soin, bouturage, etc.).

Un agriculteur peut-il vivre décemment en vendant ses tomates à ce prix ?

Il convient de se poser la question : « Un agriculteur peut-il vivre décemment en vendant ses tomates à ce prix ? » Beaucoup de producteurs de nos régions survivent grâce à des subsides de la région ou des aides de la PAC . Il est aberrant de réaliser que cette population nourrit la planète entière mais que le système de consommation dans lequel nous vivons ne leur donne pas la capacité de vivre décemment ! En suivant les principes d’un commerce équitable et d’une économie sociale et solidaire, les supermarchés bio devraient entrer dans le combat du prix le plus juste et non du prix le plus bas.

Aujourd’hui, il y a donc bel et bien une différence entre un « bio industriel » et un « bio éthique et local ». On connaissait déjà le « greenwashing », le consommateur doit à présent être vigilant pour ne pas rentrer dans le piège du « biowashing ».

C’est principalement pour ces raisons et pour bien d’autres que Tout Autre Chose veut soutenir l’initiative des acteurs locaux de Corbais contre l’implantation d’un Bio-Planet dans leur village. Non seulement parce que l’offre en produit bio est largement suffisante dans la région mais aussi parce que le mouvement soutient les producteurs locaux qu’ils soient labellisés bio ou non. Il nous semble urgent de soutenir ceux et celles qui nous nourrissent depuis des centaines d’années. Le mouvement vous encourage donc à manger local et de saison, à favoriser les circuits courts, à trouver les agriculteurs qui vendent sur vos marchés ou directement à la ferme près de chez vous mais également à signer la pétition en ligne pour une diversité du bio local.

 

Maïté Vandoorne
Employée dans l’alimentaire
Membre de la locale de Tout Autre Chose Louvain-la-Neuve

ParLocale Louvain la Neuve

Inégalité, quand tu nous tiens

L’ « Agora-resort », plus de deux cents chambres et appartements avec services hôteliers trois et quatre étoiles. Son chantier? Une centaine d’emplois… sous-traités, sous-sous-traités et sous-payés. Quel est le prix du confort des « déjà riches »? Quel sera l’exutoire des « toujours pauvres »?

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Quand auront été vendu à plus de 700 000 euros les appartements de moins de 80m² où des seniors pourront profiter de services hôteliers et d’un accès facile à toutes les commodités du centre-ville piétonnier, quand les hommes d’affaire pourront se loger aisément dans le luxe à Louvain-la-Neuve et quand les académiques pourront côtoyer le « gratin » de ce monde dans des séminaires quatre étoile, on se souviendra très peu de la grève des ouvriers roumains sous-payés ou de l’arrestation des deux travailleurs illégaux en ce mois de juin 2017.

Et pourtant, qu’est-ce qu’ils sont utiles ces travailleurs, pour se façonner un monde de bisounours où on croit qu’on ne doit qu’à son propre mérite le luxe de construire, sur une dalle au-dessus d’une vallée, un univers merveilleux aseptisé de toute misère sociale apparente. Le seul mérite, peut-être, est de savoir faire de l’argent sur le dos des autres en les privant au passage de toute reconnaissance sociale et de leur dignité d’être humain.

À Louvain-la-Neuve, en ce mois de juin 2017, le chantier de l’Agora-resort a vu se succéder une grève d’ouvriers roumains sous-payés pour sous-sous-traiter un travail dans un faux statut d’indépendant, ainsi que l’arrestation de deux travailleurs en situation illégale. Mais la faute à qui, après tout? Ce n’est quand même pas la faute des promoteurs, ni des acquéreurs des appartements, ni de l’UCL, ni des habitants de LLN, si des Brésiliens tentent de réaliser leur « rêve européen », s’il existe du dumping social, si le sous-traitant « sous-traite » ses employés…  Dans un tel contexte, c’est le travailleur immigré qui paye et qui, arrivé en Belgique pour tenter de fuir les bas échelons de l’échelle des inégalités, y est renvoyé manu militari, menottes au point. Sa condition sociale lui est bien rappelée et les riches promoteurs et acquéreurs des biens hôteliers peuvent continuer à vivre confortablement dans l’illusion de leur mérite lavé de toute apparence du labeur des autres. L’inertie des inégalités croissantes fait son œuvre: les précaires s’enfoncent dans la pauvreté tandis que les aisés en accroissent leur confort. Pourtant, tous ceux qui profitent et qui cautionnent sont responsables: s’ils n’ont pas une responsabilité légale directe, leur responsabilité est morale.

À Tout autre chose, nous contribuons tous les jours à la construction d’une société solidaire, juste, égalitaire, émancipatrice, plurielle… Même quand nous n’avons pas la main sur le cours des événements, nous dénonçons. Parce que le premier pas pour changer les dysfonctionnements de notre monde, est de cesser de croire qu’on ne peut pas dénoncer, qu’on ne peut pas déranger. Ci-dessous, donc, nous relayons le témoignage d’une habitante ayant assisté à l’arrestation des deux travailleurs brésiliens. Coup de gueule de sa part, et de la nôtre !

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Témoignage d’une habitante de Louvain-la-Neuve :
A vélo, je vais vers le centre de Louvain la neuve. J'arrive devant la statue du petit moine martyr, après avoir longé le chantier du prolongement de la dalle entre l'Aula Magna et l’église St-François. 

Et là, au pied de l'église, j'aperçois un attroupement, une voiture de flic banalisée, et surtout un flic en train de menotter dans le dos les mains d'un homme. Il a les mains toutes blanches, du plâtre apparemment. Bizarre. Je regarde mieux, il a un casque à la ceinture. Un casque de travailleur. Plein d'hommes sont là, à côté, avec leur casque, dans l'enceinte du chantier, encerclés par quelques policiers. Alors là, je m'arrête et regarde : Un homme est déjà poussé dans la voiture, l'homme blanchi de plâtre y est poussé aussi, menotté, "c'est un criminel, n'est ce pas", me dit un autre quand je pose la question du pourquoi, et la voiture démarre en trombe, gyrophare bleu virevoltant derrière son pare brise. 

Je n'en reviens pas. Tous ces hommes en tenue de travail sont à l'arrêt; je pose une question, "documents" me répond-t-on. Ca va j'ai compris. Très peu d'entre eux parlent français, donc silence... J'ai juste un véritable haut le coeur. Je passe mon chemin, fais ma course au centre de la ville et reviens vite, car cela me taraude. Les hommes, les ouvriers du chantier sont toujours là,  je les entends parler, dieu sait quelle langue. Les flics ferment toujours l'entrée du chantier au pied des cabines de la direction. J'essaie d'écouter, de comprendre un peu. Je suis ulcérée. Ces hommes qui travaillent dans ce chantier de béton par n'importe quel temps, à dieu sait quelles conditions, pour construire des bâtiments qui ne rapporteront qu'aux riches indignes, aux promoteurs et investisseurs insouciants des droits humains, ces hommes venus d'ailleurs, qui font ce que nous, en Belgique ne pouvons pas faire car cela coûte trop cher... Et rapporterait trop peu aux investisseurs... Eux le font, et se font arrêter, menotter, jeter.

C'en est trop. Je crie : " Pourquoi les arrêtez-vous? C'est dégoûtant, inhumain, odieux !" Un policier me répond : "Je suis tout à fait d'accord avec vous, madame; je suis très mal à l'aise de faire cela. Je n'ai pas le choix."  PAS LE CHOIX ?

Dans la foule d'hommes à l'arrêt, une voix s'élève, quelqu'un parlant français : "t'en fais pas madame, ceux dans les bureaux, là, ceux-là ils auront pas de problèmes!" et il montre les cabines là-haut perchées au-dessus du petit moine martyr, au pied de l'église St-François. "Ceux dans les bureaux,là, ceux qui commandent, c'est eux qu'ils faut menotter, jeter !!" je leur dis. J'ai juste les larmes qui coulent, et honte, honte, honte. Même ici, notre petite ville, avec son idéal d'humanisme... accepte l'esclavagisme, non ?  Je n'ai plus la force de pédaler. Ni de regarder cette dalle qui crève des êtres humains.

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ParPatrick Jonniaux

Quatre leçons à tirer de la consultation populaire à Ottignies-Louvain-la-Neuve.

Quatre leçons à tirer de la consultation populaire à Ottignies-Louvain-la-Neuve.

Olivier Malay, chercheur en sciences économiques à la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale (UCL), membre du mouvement citoyen Tout Autre Chose, qui soutient la ‘Plateforme citoyenne’. Sans titree

La consultation populaire qui a eu lieu le 11 juin à Ottignies-Louvain-la-Neuve a largement dépassé les frontières de la cité universitaire. Plus qu’un simple vote pour ou contre l’extension du centre commercial l’Esplanade, elle nourrit une réflexion sur la politique communale et régionale. Quatre leçons au moins peuvent être tirées de cette expérience.

1. Des citoyens en demande de participation

« On a trop peu l’occasion de donner son avis », affirmait d’emblée un citoyen interviewé par la RTBF au sortir des urnes. S’il y a bien une chose qui rassemble les citoyens s’étant mobilisés pour voter, c’est la possibilité de faire entendre leur voix plus souvent que seulement lors des élections, et particulièrement sur ce dossier. En témoigne le taux de participation de 26%, un taux inattendu et honorable pour une consultation organisée dans des conditions difficiles, et qui est légèrement supérieur à celui de la consultation sur le centre commercial à Namur en 2015 (24%). En témoigne également un élément du Panel citoyen organisé par l’Assemblée Générale des Étudiants de Louvain (AGL), une expérience où près de 100 usagers de la ville ont été tirés au sort pour débattre du sujet. Beaucoup de participant sont jugé le « manque de consultations préalables et de transparence » comme l’un des points les plus problématiques du projet d’extension.

« Alors que le promoteur et certains dans la majorité déclarent le projet enterré, mais en avancent un second assez semblable, ne pas suivre la population sera probablement sanctionné lors du prochain scrutin ».

Le succès de la consultation est donc un succès de la démocratie participative et montre la préoccupation des habitants quant à l’avenir de leur ville. D’une part, la situation ouvre la voie à une multiplication d’initiatives démocratiques novatrices, car la population est demandeuse. D’autre part, même si le résultat de la consultation n’est pas contraignant pour les autorités politiques, elles ne pourront aller à son encontre sans en payer le prix. Tant le bourgmestre Jean-Luc Roland (Ecolo) que le ministre de l’Aménagement du territoire Carlo Di Antonio (CDH) auront à se positionner sur l’octroi d’un permis d’urbanisme, nécessaire à une extension. Au moment où le promoteur immobilier et certains élus de la majorité déclarent le projet d’extension enterré, mais préparent la voie à un second assez semblable, ne pas suivre l’avis de la population sera probablement sanctionné lourdement lors des prochaines élections, ce dont se réjouit déjà le MR actuellement dans l’opposition.

2. C’est en fait un triple « non » au projet immobilier

La population s’est prononcée à près de 80% « contre ». Mais s’agit-il vraiment de l’avis de la population, où juste des 26% de votants ? Certains avancent que les gens qui sont restés chez eux approuvent l’extension de l’Esplanade en silence. Les non-votants ont-ils des avis différents de ceux qui ont voté ? Pour tenter de le savoir, on peut comparer les résultats de la consultation à des expériences menées précédemment. Lors du Panel citoyen, les 100 personnes tirées au sort ont débattu pendant une journée des arguments « pour » et « contre », pour finalement se positionner à 76% en défaveur de l’extension. Ensuite, un sondage aléatoire, appelé « porteurs de parole », a été mené sur 200 personnes et a abouti à un résultat de 75% de « contre » l’extension (marge d’erreur de 7%). Les résultats de ces différentes prises de pouls de la population convergent à chaque fois vers un rejet du projet d’agrandissement. Ce triple « non » à l’extension suggère que parmi les habitants restés chez eux, une majorité reste « contre » l’extension.

3. Des élus en décalage avec leurs électeurs

Si la population a rejeté massivement le projet d’extension, il n’en va pas de même de la part de ses élus communaux. En 2014, la majorité communale (Ecolo-PS-CDH) a octroyé un permis socio-économique pour l’extension de l’Esplanade, sans ouvrir un quelconque débat quant à l’opportunité du projet. Les partis ont eu la prudence de ne pas donner leur avis sur le fond du dossier à l’approche de la consultation. Néanmoins, les différentes prises de parole des derniers mois montrent que la volonté des conseillers communaux, opposition (MR) comprise, s’approche en fait davantage d’un « oui mais »  que du « non » émis par la population, même s’il y a une diversité d’opinions au sein de chaque parti. Si la population a voté à 80% « contre » l’extension et à 20% « pour », la tendance au conseil communal était nettement moins tranchée.

Le résultat invite donc les élus communaux à reconsidérer sérieusement leur copie. Parmi les acteurs du dossier, c’est la Plateforme citoyenne qui renforce sa légitimité. Ce regroupement de 23 associations locales a non seulement récolté 3500 signatures pour demander la consultation, mais a aussi vu son point de vue largement dominer dans les votes. Cette Plateforme apparait donc en représentant légitime de la voix des habitants sur le dossier – position renforcée par le fait que plus de 2000 électeurs ont suivi sa consigne de boycott des 20 questions supplémentaires voulues par la ville. Ces questions, initialement critiquées comme ambiguës et redondantes avec l’enquête publique, sont d’ailleurs difficilement exploitables sans biais, vu un faible taux de répondants.

4. Un laboratoire de la société belge ?

L’on ne peut s’empêcher d’observer certains parallèles avec des questionnements plus globaux déjà à l’œuvre dans la société.

Il ressort d’abord que le décalage se creuse entre la population et ses représentants. En 2017, seuls 12% des Belges affirment avoir encore confiance dans le Parlement (enquête Noir Jaune Blues). La tendance actuelle des représentants élus à outrepasser le débat public et à confier à des acteurs privés les décisions importantes renforce ce sentiment. Ce constat posé, il est légitime de se questionner : qui devrait décider de la manière d’organiser la vie économique et d’occuper l’espace urbain ? Les citoyens, du côté de la logique démocratique ; ou les intérêts privés, selon une logique de profitabilité ? C’était le cœur du conflit entre les pro- et les anti-extension de l’Esplanade. Dans ce cas précis, les habitants n’ont pas voulu que la majorité du centre-ville soit dédiée à une extension taillée pour attirer un public fortuné venu d’ailleurs, seul à même de générer des marges de profit suffisantes pour ce genre d’installations.

« Faut-il confier les décisions clés aux citoyens/travailleurs et à leurs représentants, ou considérer que les acteurs du marché le feront plus adéquatement ? »

Dans d’autres cas ou à une autre échelle, lorsque des voix s’élèvent pour stopper le CETA ou la privatisation des services publics (Belfius, la Poste, les forêts wallonnes…), pour créer des coopératives sociales et écologiques, ou pour renationaliser des secteurs clés (l’énergie), c’est le même débat : faut-il confier les décisions clés aux citoyens/travailleurs et à leurs représentants, ou considérer que les acteurs du marché le feront plus adéquatement ? Depuis la crise financière de 2008, ce débat ne cesse de prendre de l’ampleur. Il est de toute façon temps, comme le montre cette expérience démocratique, d’impliquer bien davantage les citoyens et de les associer à la formulation de la réponse, sans quoi leurs représentants élus ne regagneront jamais leur confiance.

 

Cette carte blanche a été publiée dans La Libre du 20 juin 2017

ParPatrick Jonniaux

Une consultation très populaire…

Bilan des débats sur une consultation populaire

consultation populaire LLNCe dimanche 11 juin 2017, à Ottignies-Louvain-la-Neuve, 79,3 % des participants à la consultation populaire sur la question de l’agrandissement du centre commercial, se sont prononcés en défaveur de l’extension. Exactement 6958 personnes de 16 ans et plus se sont déplacées pour exprimer leur avis, soit 26% des personnes en âge de voter. « Aujourd’hui, le propriétaire de l’Esplanade envisage d’agrandir sa surface commerciale. Êtes-vous favorable à une extension du centre commercial ? », énonçait la première question du bulletin de vote. Sous cette question, les votants étaient invités à se prononcer, s’ils le voulaient, sur leur accord ou désaccord avec vingt propositions sensées argumenter le choix premier : dix propositions en faveur du projet et dix autres en défaveur. Depuis des mois, les débats se sont multipliés autour de cette consultation et des questions soumises au vote. Voici un bilan des débats qui se sont entremêlés depuis le début du processus.

La forme…

Sur la forme, d’abord, les débats ont enflammé tous les « camps » en présence. Qui de la majorité Écolo-PS-CDH, de l’opposition MR, ou de la plate-forme citoyenne rassemblant associations locales et citoyens isolés, a pris en premier l’initiative de demander la consultation ? Dans un contexte officieux de pré-campagne électorale pour 2018 où chacun affirme être le premier et meilleur défenseur des intérêts de la population, les attaques entre les groupes ont fusé tout autant que les justifications politiques ou que les considérations juridiques. Y a-t-il des intérêts financiers ou des enjeux pré-électoraux qui biaisent les procédures et les questions ? Entre combats politicards et accès peu évident à l’information juridique, le citoyen essaye de se positionner. Heureusement, au-delà des jeux politiciens habituels (sont-ils inévitables?), chaque position en présence a beaucoup argumenté, des débats formels et informels ont eu lieu, les médias ont relayé en masse et la démocratie, en somme, s’est mise en branle.

Le fond…

Sur le fond ensuite, c’est entre des argumentaires pragmatique et idéologique qu’ont choppé les réflexions. Pragmatiquement, qui peut être contre une construction qui va contribuer à compléter la dalle piétonne de Louvain-la-Neuve, si chère à financer, ou encore, une construction qui accroîtrait le confort de pas mal d’usagers ? En outre, qui voudrait (ou pas), que Louvain-la-Neuve devienne un pôle commercial en Brabant Wallon, transférant ainsi des emplois d’un lieu à l’autre et captant davantage le pouvoir d’achat ? Pragmatiquement aussi, qui voudrait augmenter l’affluence automobile et l’émission de particules fines ? Qui voudrait que la gare soit potentiellement couverte par des galeries commerçantes où les publicités inciteront les navetteurs à consommer ? Et quid de la création ou de la perte d’emploi ? Quid du développement ou du déséquilibre commercial de la ville ? Des pour et des contre, donc, si on ne regarde que les aspects pratiques du projet potentiel.

Du côté idéologique, ce sont les modèles économiques et les choix de société, qui sont questionnés. Peut-on encore, maintenant que sont avérés les limites et dangers environnementaux planétaires ainsi que les conditions de vie quasi-esclavagistes des travailleurs du Sud qui produisent les conditions matérielles de notre économie soi-disant « immatérielle » de production de savoirs, peut-on encore cautionner le développement de centres commerciaux dont les loyers seront tellement chers que seules pourront s’y installer des multinationales généralement peu scrupuleuses du respect de l’environnement et des droits humains ? Et si les loyers seront exorbitants, c’est que le propriétaire de l’Esplanade a pour principal objectif d’augmenter les dividendes de ses actionnaires, comme le laissent comprendre ses rapports annuels, ce qui ne sera possible qu’en rentabilisant ses futurs espaces commerciaux. Est-ce aussi cette inégalité à l’accumulation des richesses que l’on veut promouvoir en acceptant de donner notre argent à des promoteurs immobiliers déjà immensément riches ?

Choix de société

À Louvain-la-Neuve, c’est un autre modèle de société qui est prôné par les opposants à l’extension du centre commercial : oui aux petits commerces locaux et aux emplois de qualité, oui au respect des travailleurs du Sud, stop aux émissions de gaz carboniques provoquées par les transports de marchandise, à la surconsommation et à l’exploitation inconsidérée des ressources naturelles, oui à la construction d’un fonctionnement alternatif ici et maintenant… Sont-ils si idéalistes, finalement, ces opposants qui sont capables d’imaginer et de mettre en place concrètement de nouveaux modèles de fonctionnement économique et démocratique, en tenant compte des réalités matérielles de notre monde ? N’est-il pas plus idéaliste de croire qu’on va pouvoir continuer indéfiniment à fonctionner selon des modèles économiques de plus en plus obsolètes dans un monde où les ressources non renouvelables sont déjà presque épuisées ?

Dans ces débats entremêlés, c’est sur de véritables questionnements économiques et choix de société, que les citoyens d’Ottignies-Louvain-la-Neuve étaient invités à s’exprimer en ce dimanche ensoleillé. Ils se sont montrés concernés en explosant les records de participation pour ce genre de démarche démocratique. Il faut croire que l’espoir d’une société démocratique et émancipée a encore de beaux jours devant lui… Osons croire que ne fait que commencer !

 

ParLocale Louvain la Neuve

Le 11 juin, TAC vote !

Campagne de vote de la plate-forme citoyenne pour une consultation populaire : vidéo et événement pour réfléchir et débattre.

Notre locale s’implique dans la plate-forme et soutient la campagne de vote pour la consultation populaire du 11 juin, sur la question d’une extension du centre commercial.

Venez en discuter et en débattre le vendredi 19 mai à la Grande Esclafade !

Retrouvez toutes les informations et argumentations à propos de la question d’une extension du centre commercial sur le site de la plate-forme louvainlesplanade.be ou sur sa page facebook.

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ParLocale Louvain la Neuve

Les utopies perdues de Louvain-l’Esplanade

Historique des réactions politiques et citoyennes face à un projet d’extension du centre commercial.
Article de Stephan Vanden Eede, membre de la plateforme citoyenne pour une consultation populaire et conseiller CPAS écolo (diffusé le 30 avril 2017 via Facebook).
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A partir d’un certain moment, la croyance dans la bonne foi et la volonté de bien faire des politiques devient aussi ténue que la théorie de la balle magique assénée par la Commission Warren pour expliquer la mort de Kennedy… Comment, en l’espace de trois années, dans le cadre du projet d’extension de l’Esplanade, la désespérance citoyenne s’est-elle donc insidieusement emparée de Louvain-la-Neuve ?
 

Introït

Voilà plus de dix ans que le centre commercial de L’esplanade a ouvert ses portes dans la cité universitaire. Spéculé et construit par Wilhem & co, racheté par la société française Klepierre. Une irruption fracassante et contestée, notamment par les Ecolo de l’époque, mais qui a résolument inscrit LLN dans une trajectoire de ville. Bien des avantages ont été engrangés: un pas dans la finition de la dalle, l’ouverture d’un complexe de cinémas et la liaison Charlemagne entre la place de l’Université et la Grand’place. Dès le début des négociations (années ’90), une extension avait été prévue et accordée par le propriétaire (UCL) mais entretemps, la crise de 2008 et la prise de conscience citoyenne de la nécessaire remise en question d’un certain modèle économique sont venus chambouler tout cela…
 

Mezzo voce

A la mi-juin 2014, la société Klépierre introduit auprès de la commune d’Ottignies-LLN (OLLN), une demande de permis socio-économique pour la construction d’une extension de 18.000 m2 à son centre commercial qui en compte déjà 36.000. Particularité qui aura son importance : une partie de l’extension projetée se situe au dessus du domaine public de la gare. En septembre (bel exploit administratif), le permis est accordé par le Collège (ECOLO – CDH – PS) et ce, dans la plus grande confidentialité. Aucun débat ne s’organise, aucune info ne percole.
 

Andante

Ce n’est qu’un an plus tard, en septembre 2015 que la résistance peu à peu s’organise : l’Association des Habitants (AH) et l’Association Générale des Etudiants de LLN (AGL) écrivent au Collège et à l’UCL, envoient une pétition de 2500 signatures, organisent des sondages de rue (sanctionnés par une amende administrative pour organisation d’une manifestation politique sans demande d’autorisation préalable), paradent avec humour et avec plus de 400 personnes dans les rues pour enterrer « Max Planade ». Nous sommes alors en juin 2016 et le silence des politiques comme celui de l’UCL est sépulcral.
 

Brèches

Mais il n’est pas de pierre qu’une goutte tenace ne finit pas par vaincre. La veille de la parade, le PS local se réveille soudain et réclame une consultation populaire. La section Ecolo propose soit une consultation, soit un panel citoyen. Le MR s’engouffre dans l’ouverture et soumet, en novembre, un projet de consultation populaire au conseil communal. La majorité repousse la demande. Elle vient de se rendre compte (!) que le permis n’est pas accordé par la Ville mais par le fonctionnaire délégué de la Région wallonne (construction au dessus de la gare, eh oui !). Il faut donc remettre un avis motivé au fonctionnaire… ce que la consultation ne permet pas. La majorité annonce alors qu’elle va réfléchir à un dispositif plus qualitatif.
 
Sur ces entrefaites, la plateforme citoyenne (l’AH et l’AGL ont été rejoints par une vingtaine d’autres associations) commence à récolter les 3200 signatures nécessaires pour exiger l’organisation d’une consultation populaire.
 
En décembre, le PS change d’avis et réclame à nouveau la consultation ! Le MR se ré-engouffre dans la brèche béante et convoque mi-janvier 2017 un conseil communal extraordinaire pour organiser la consultation en proposant la même question, de principe, que la plateforme : êtes-vous d’accord avec le projet d’extension ? La majorité vote « non » en invoquant qu’en lieu et place soient inscrites non seulement une question de principe mais également des possibilités pour la population de motiver sa réponse. En outre, la majorité promet des heures d’ouvertures plus larges : on parle du vendredi soir et des matinées du samedi et du dimanche.
 

Le mieux est l’ennemi du bien

Une commission spéciale de 8 conseillers (3 Ecolo, 3 MR, 1 CDH et 1 PS), présidée par Michel Beaussart, échevin socialiste en charge de la participation, se met en place pour négocier avec la plateforme et Klépierre (!) et organiser la consultation qui doit avoir lieu le 21 mai. Le bourgmestre Jean-Luc Roland (Ecolo), comme Michel Beaussart, promettent que l’avis communal remis au fonctionnaire-délégué tiendra compte du résultat de la consultation et déclarent haut et fort que ce dispositif ne connaîtra pas les mêmes dérives qu’à Namur où le Collège (CDH-ECOLO-MR) avait bidouillé les questions et pris fait et cause pour le promoteur tout en dénigrant la plateforme citoyenne qui menait le combat pour la sauvegarde des arbres du parc Léopold.
 
Ce ne sera pas Namur, ce sera pire.
 
La commission a rencontré deux fois la plateforme. Devant l’obstination des élus à vouloir imposer des questions supplémentaires « afin de motiver l’avis » comme si cette consultation n’allait pas être suivie d’une enquête publique lors du dépôt de la demande du permis d’urbanisme, la plateforme en gage de bonne volonté écrit une lettre à l’échevin en lui suggérant de ne mettre qu’une seule question supplémentaire, ouverte, où les citoyens auraient la possibilité de motiver librement leur oui ou leur non.
 

Surprise !

Nous sommes alors le vendredi 10 mars… l’échevin répond qu’il va soumettre cette demande à la prochaine réunion de la commission, programmée le 15. La plateforme pressent un piège : la date de clôture de remise des signatures pour demander une consultation populaire a été fixée par l’administration au lundi 13 mars à minuit… Elle jette alors ses dernières forces dans la bataille et ramasse en moins de trois jours les 1000 signatures qui lui manquaient encore. A la surprise générale, la plateforme dépose 3600 signatures le lundi 13 à 18h entre les mains de la jobiste héberluée qui tient l’accueil de la maison communale…
Au Conseil communal du 21 mars, l’Echevin Beaussart annonce que les signatures citoyennes sont en nombre. Que ce sera donc une consultation populaire comme le décret l’exige. Et uniquement le dimanche matin. Et le 11 juin. La commission est prolongée pour permettre l’organisation…
 

Silence radio

A partir de là, du 21 mars au 25 avril, plus rien ne filtre des travaux de la commission. Et c’est à la surprise générale (ce n’est pas encore l’Extension mais ce sont déjà les Galeries Lafayette), teintée de consternation et de colère que la plateforme citoyenne apprend, via le conseil communal du 25 avril, que les quatre partis composant aussi bien la majorité que l’opposition, se sont mis d’accord sur un bulletin comportant 21 questions (!), le tout en se contentant de 10 bureaux de vote au lieu de 33 et d’une matinée de 9 à 13h, le dimanche 11 juin, pour inviter les habitants à venir s’exprimer.
 
La date a été repoussée du 21 mai au 11 juin, rendant encore plus difficile l’exercice du vote pour les étudiants en examen et les seniors qui profitent du début de l’été pour disposer de lieux de vacances moins encombrés. La simple lecture du bulletin de vote prend plus de 3 minutes avec des questions tarabiscotées, dissuasives, parsemées de présupposés et d’éléments invérifiables (en l’absence d’un dossier déposé à l’urbanisme). Les 10 bureaux de vote vont se révéler insuffisants si la participation dépasse les 20%. Comment ne pas croire que les quatre partis ne se soient pas accordés pour organiser une consultation où le quorum de 10% sera inatteignable ?
 
Trois jours après le Conseil communal, Klepierre fait paraître une double page en « publi-reportage » dans les éditions du Soir et de l’Avenir. Un coût estimé de 50.000 €. Titre éloquent et à l’indicatif présent : « L’esplanade s’agrandit ». Pourquoi donc voter ?
 

Circuit-court ou court-circuit ?

On ne sait plus, en ce drame démocratique qui se joue, quel est le plus gravissime des symptômes ?
– Une université qui spécule à l’infini sur des terres qui lui ont été données ?
– Un parti Ecolo local qui perd son âme et sur le fond du dossier (où est son soutien au commerce local, au circuit-court, à la transition) et sur la forme (la participation) ?
– Quatre partis démocratiques qui alimentent à tour de bras le populisme et le «plusrienàfoutre » qui se profilent à l’horizon du double cycle électoral de 2018 et 2019 ?
 
Ce dimanche 30 avril, la plateforme citoyenne garde son calme et écrit aux conseillers communaux. Une fois de plus, elle propose d’en sortir par le haut. Notamment en proposant de distinguer le bulletin de vote relatif à la question de principe d’un autre bulletin comportant les 20 questions de « sondage ».
 
Il reste 42 jours pour sauver quelque chose. Quoi en fait ?
 
Stéphane Vanden Eede
Membre de la plateforme
Conseiller CPAS (Ecolo)
PS : La citation là en haut est de Mark Twain. Le même qui écrivit : “Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait”.
ParLocale Louvain la Neuve

La démocratie expliquée à mon… bourgmestre ?

Le dimanche 30 avril 2017 avait lieu le premier événement de sensibilisation à la participation démocratique, organisé par la plateforme citoyenne pour la consultation populaire : « La démocratie expliquée à mon député… et à mon bourgmestre », une conférence gesticulée (théâtralisée) de l’Avignonaise Cécile Canal.

Le 11 juin 2017 aura en effet lieu, à Ottignies-Louvain-la-Neuve, une consultation populaire sur la question de l’extension du centre commercial l’Esplanade. La plateforme citoyenne, après avoir réuni les signatures pour demander à la commune l’organisation de cette consultation, incite maintenant tout habitant de la commune à participer au vote et ce au travers d’une campagne promouvant et sensibilisant tant à la démocratie participative qu’aux raisons qui poussent la plateforme à rejeter un projet d’extension du centre commercial.

En cliquant ici, retrouvez le compte-rendu de cette conférence gesticulée, ses réflexions sur le tirage au sort et ses références, compte-rendu rédigé collectivement sur le « wiki » (site collaboratif) du parti Pirate présent à l’événement.

Et pour la suite des événements de la plateforme pour une consultation populaire, rendez-vous sur louvainlesplanade.be.

DemocratieàmonBrougmestreLLN

ParLocale Louvain la Neuve

Louvain-la-Neuve : à quel jeu joue Écolo ?

Louvain-la-Neuve : à quel jeu joue Écolo ?

Une extension de l’Esplanade nous sera-t-elle imposée?

Ottignies-Louvain-la-Neuve est le théâtre d’un spectacle bien particulier. D’un côté, l’Esplanade, un centre commercial qui souhaite s’étendre sur 50 000m² (!)1. Et de l’autre, des dizaines d’associations locales qui tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences et au sens de ce projet (une carte blanche d’une habitante, par ailleurs membre de Tout Autre Chose, a été relayée plus de 2000 fois sur les réseaux sociaux2).

Et en face d’eux, la classe politique semble plus que jamais courber l’échine.

Prenons l’exemple du parti Écolo, parti qu’on penserait être en faveur de l’économie locale, la démocratie participative et les projets d’urbanisme à taille humaine.

Son chef d’orchestre, le bourgmestre Jean-Luc Roland

Qui croirait que celui-ci soit une des chevilles ouvrières de la création du centre commercial l’Esplanade aux mille multinationales et un des partisans de son extension ?3

Et cela, au sein d’un parti affirmant « promouvoir des modes de consommation innovants, locaux et durables »4.

Son premier violon, le président du conseil communal, Hadelin de Beer

Qui croirait qu’il considère, dans un article de la Libre et la DH5, qu’une volonté politique communale ne pourrait même pas refuser l’agrandissement de l’Esplanade ? Un message erroné, pour une série de raisons exposées dans cet article6. Penserait-on qu’il a également admis avoir un « problème philosophique » avec l’idée qu’on puisse refuser au promoteur immobilier d’agrandir son mastodonte commercial ?7

Et cela au sein d’un parti affirmant que « l’organisation du territoire doit contribuer à un cadre de vie de qualité et répondant aux besoins des habitantes et des habitants »8.

Enfin, le trio de voix : les trois conseillers communaux Ecolo membres du groupe qui va piloter l’organisation d’une consultation populaire sur le sujet fin mai

Qui croirait qu’ils aient soutenu l’idée selon laquelle la question posée lors de cette consultation populaire devrait concerner uniquement le projet d’agrandissement actuel, afin qu’un autre projet puisse voir le jour ? Autrement dit, qu’il est exclu qu’une consultation populaire puisse aboutir à dire « non » à Klépierre, et que le choix doit être d’en approuver l’extension ou d’approuver une extension modifiée ?

Et cela, au sein d’un parti pour qui « offrir à chacun la possibilité de participer pleinement à la décision politique revient à prendre au sérieux l’idéal démocratique ».

Sur ce dernier point, les trois partis de la majorité (Écolo, PS, CDH) et celui d’opposition (MR) ont eu la même position décevante. Nous appelons dès lors chacun d’eux à la cohérence entre les discours et les actes. Face au fossé qui se creuse un peu partout entre élus politiques et citoyens, il est encore temps de poser des gestes salutaires, et le premier d’entre eux serait que la consultation populaire porte sur le principe d’une extension de l’Esplanade, comme souhaité par 22 associations locales. Et ensuite, que les élus s’engagent à intégrer le résultat du vote dans le schéma de développement communal, afin de lui donner une effectivité.

Article co-signé par Tout autre chose OLLN et le mouvement politique des Objecteurs de croissance de OLLN

Toutes vos réactions sont bienvenues à contact@toutautrechose.be ou sur notre page facebook.

[Ajout à cet article le 08/03]

La section Ecolo OLLN a pris le temps de nous répondre. Vous pourrez trouver leur message à ce lien : La réponse d’Ecolo OLLN au communiqué de Tout Autre Chose OLLN et le mpOC OLLN. Nous les remercions pour ce pas envers les citoyens et notre mouvement.

Voici notre réponse à leur réponse : Premièrement, nous ré-affirmons que les élus communaux ont des leviers à disposition (l’article mentionne qu’une modification du schéma de structure interviendra probablement après le dépôt du permis….. c’est vrai. Mais il n’empêche qu’une telle modification, même si elle n’est pas en vigueur au moment de la décision du fonctionnaire délégué, pèse par anticipation, et peut influencer sa décision). Une position des élus politiques est donc souhaitable et souhaitée. En second lieu, nous accueillons tout à fait favorablement l’idée de se renforcer mutuellement plutôt que de s’affaiblir. Toutefois, ce que nous dénoncions est un décalage en les discours et les actes. Le temps nous permettra donc d’apprécier si ce message se matérialise dans de véritables actions de soutien à une opposition à l’extension de l’Esplanade de la part élus.

TAC LLNOLLN.mpOC.be


3 C’est une évidence pour tout qui suit le sujet de près. Concernant l’Esplanade en 2005, lire : Jean-Luc Roland, in Un Bourgmestre vert à Ottignies-Louvain-la-Neuve, pp. 75-81, éd. Luc Pire, Eupen, 2006.

4 http://www.ecolo.be/?-priorite-2-promouvoir-des-modes-de- Notez qu’entre le moment où une version martyr de ce texte a commencé à circuler (20/02/2017) et celui où il a été publié (22/02/2017), le programme Ecolo qui est présentement cité a été mis hors ligne sur le site web officiel d’Ecolo. Cela peut tout à fait être du à une coïncidence d’agenda (on ne saura jamais). L’important est que si vous souhaitez retrouver la preuve des citations, tapez les phrases citées dans google.

7 Lors du « brunch  docu » organisé par l’Altérez-vous le 19/02/2017

ParLocale Louvain la Neuve

Une consultation populaire à OLLN ?

Vous le savez peut-être, une plateforme citoyenne et associative s’est mise en place il y a quelques mois pour demander à la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve d’organiser une consultation populaire sur la question d’un éventuel agrandissement de la surface de l’Esplanade, le centre commercial à Louvain-la-Neuve.
Bien que la Ville ait annoncé qu’elle allait organiser une « consultation de la population » (elle va s’écarter un peu de la procédure de « consultation populaire » prévue par la loi, en ouvrant les bureaux de vote deux jours au lieu d’un et en proposant une question à options), elle n’a pas encore précisé quelle serait la question.
C’est pour cela que la plateforme citoyenne, dont fait partie la locale de Tout autre chose, a décidé de continuer à récolter des signatures pour demander une consultation populaire avec la question qu’elle défend :
« En tant qu’habitant.e ou étudiant.e domiciliée.e à Ottignies-Louvain-la-Neuve, souhaitez-vous une extension au centre commercial l’Esplanade? ».
Il s’agit ici de questionner le principe même d’une extension de l’Esplanade (dont le propriétaire est la société Klépierre, l’un des premiers promoteurs de centres commerciaux en Europe) et pas un projet en particulier.
La Ville, elle, hésite encore sur la question et s’est montrée défavorable à la demande de la plateforme de questionner le principe-même d’une extension. Elle se dit impuissante face à la décision d’accorder ou non le permis d’urbanisme, car la décision reviendra au fonctionnaire délégué de la Région wallonne. Ce dernier lui aurait affirmé n’avoir jamais connu de cas où une consultation populaire entrait en jeu et qu’a priori, il considèrerait les arguments qualitatifs (de fond) pour prendre sa décision plutôt que les arguments quantitatifs (soit les résultats chiffrés d’une consultation populaire). La Ville imagine donc une question à options où, sous les réponses « oui«  et « non », il serait possible de cocher des arguments dits « qualitatifs » précisant les raisons de ces réponses (du type « oui, parce que… » ou « non, parce que.. »). Ces arguments optionnels seraient élaborés par les défenseurs du oui d’une part (la Ville a parlé de Klépierre) et du non d’autre part (la Ville a pensé à la plateforme citoyenne). Les votes de la population auraient alors pour vocation de donner une estimation chiffrée du poids de ces arguments…
Nous, citoyens et associations de la plateforme, n’avons que faire de ces considérations. Nous voulons que la population dise ce qu’elle pense du principe-même d’une extension de ce centre commercial, quelle qu’elle soit, et non pas qu’on quantifie la diversité des avis sur le projet proposé actuellement par le promoteur immobilier. Même si notre voix pourra ne pas être entendue, même si le fonctionnaire délégué de la région wallonne pourra dire s’en tenir aux textes juridiques pour octroyer ou non le permis d’urbanisme, nous voulons que la Belgique entière sache s’il existe ou non un décalage entre la volonté et  intérêts de la population locale, et les prises de décision par les autorités. Et si c’est le cas, nous chercherons où est le problème.
Si vous aussi vous soutenez la position et la question défendues par la plateforme, nous vous invitons à signer le formulaire de demande de consultation. Vous le trouverez sur le site de la plateforme, www.louvainlesplanade.be, ainsi que toutes les modalités pour le faire parvenir à bon port.

Vous pouvez également vous investir en prenant contact avec la locale LLN-BWCentre ou par mail à conspop.contact(arobase)olln.collectifs.net

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Mais qu’est-ce qu’une consultation populaire ?

Une consultation populaire est un processus de démocratie participative (prévu légalement par le « code de démocratie locale »). Selon ce processus, une commune pose à ses habitants une question à laquelle ils sont appelés à répondre par oui ou par non.
Pour l’organiser, il existe deux possibilités. Dans le premier cas, l’initiative vient des habitants domiciliés dans la commune: si 10% d’entre eux signent un formulaire pour demander une consultation populaire, la commune doit l’organiser. Dans le second cas, l’initiative vient de la commune: elle organise directement la consultation sans que 10% de la population n’ait à lui demander.
Après cela, la consultation proprement dite commence. La commune demande à tous ses habitants en âge de voter de répondre par « oui » ou par « non » à la question posée. Cette question peut être celle formulée par les habitants dans leur demande de consultation, ou une autre de la commune. À ce stade, il faut à nouveau que 10% de la population aille voter pour que la consultation soit prise en compte. Lorsque le résultat du vote est connu, les autorités peuvent encore choisir d’en tenir compte ou non… Mais au moins, on connait l’avis des habitants, et ils auront pu débattre de l’avenir de leur lieu de vie.

 

ParLocale Louvain la Neuve

Sur les ondes: TAC, la démocratie et les partis

Le 14 décembre 2016, la radio des étudiants en journalisme de Louvain-la-Neuve (LNFM) diffusait une émission sur la démocratie participative.

À cette occasion, les étudiant/e/s ont réalisé une série de reportages sur des mouvements citoyens en Europe, dont Tout autre chose. Leurs interviews ont été enregistrées lors de l’Assemblée Générale conjointe de Tout autre chose et de Hart Boven Hard, du 5 novembre 2016.

En fin de programme, ils abordent en outre la question des partis : « un mouvement citoyen doit-il viser les élections? » tel est l’objet du débat entre les porte-paroles des deux mouvements en présence.

Vous pouvez écouter la rediffusion en ligne de leur émission « Agora » consacrée à « l’actualité de l’Europe et à sa politique », en cliquant sur le lien ci-contre ou en vous rendant sur leur site.

Sommaire de l’émission :

00’00 – Introduction
La démocratie participative et les mouvements citoyens : quel bilan ?

02’00 – Les mouvements citoyens
Arrivent-ils vraiment à faire mouvement ?

5’10 – Tout autre chose et Hart Boven Hard
Reportage à l’Assemblée Générale conjointe du 05 novembre 2016.

11’45 – Démocratie participative
Kesako ?

13’50 – Les journées de Bruxelles
Conférence et débats entre « citoyens et les représentants des hautes sphères européennes »,
organisées par Le Soir, L’Obs et De Standaard, les 19 et 20 octobre 2016.

19’15 – Référendum constitutionnel en Italie
« Le 4 décembre dernier, les Italiens ont dit ‘non’ au référendum constitutionnel de Matteo Renzi ».

22’10 – Mouvement 5 étoiles
Mouvement de Virginia Raggi, s’étant opposé à la réforme constitutionnelle de Matteo Renzi.

30’30 – Débat « Les mouvements citoyens doivent-ils se transformer en partis politiques pour exister dans notre société ? »
Avec au micro de François Garitte : Pascal Masarotti du mouvement des Citoyens libres, face à Alain Adriaens du mouvement politique des Objecteurs de croissance.

47’40 – Conclusion