Une  classe mêlant malentendants et entendants, ce n’est rien d’autre qu’une classe bilingue. Une initiative de l’école Sainte-Marie à Namur.

En 2000, l’école Sainte-Marie de Namur accueillait ses premiers enfants sourds et malentendants dans ses classes, c’est à ce moment là que le projet « École et Surdité » est né. En 2016, le premier rhétoricien ayant suivi de ce parcours a terminé son cursus scolaire.

« Le principe consiste en l’inclusion par petits groupes, dès les maternelles, d’enfants sourds ou malentendants dans des classes ordinaires par immersion linguistique.

Pour que ces élèves puissent accéder aux mêmes compétences que les enfants entendants, les apprentissages leur sont dispensés en langue française, langue de la majorité et langue de l’écrit, ET en langue des signes, langue qui leur est accessible sans entrave et par ailleurs essentielle à leur développement cognitif, émotionnel, intellectuel et culturel.

L’enseignement est donc bilingue : en français (écrit et/ou oral) et en langue des signes.  Dans une même classe, simultanément, un professeur s’exprime en français pour les enfants entendants et un autre professeur s’exprime en langue des signes ou en français rendu accessible par un code (le LPC) pour les enfants sourds ou malentendants.  C’est donc un duo de professeurs qui dirige la classe et se coordonne pédagogiquement.  Des cours de langues des signes sont dispensés aux élèves sourds, en plus des cours de français, pour qu’ils puissent en maitriser les ressources et les richesses, au même titre qu’un enfant entendant apprend en classe la langue française.

L’avantage pour les enfants sourds ou malentendants apparait clairement : ils sont scolarisés dans l’enseignement ordinaire, ils développent un bilinguisme langue des signes/langue française et ils acquièrent les mêmes compétences que leurs condisciples entendants. Enfin, reflet de la situation de la communauté sourde dans la société, ils constituent une minorité (quelques élèves) au sein d’une majorité (la classe).

Les avantages sont aussi manifestes pour les autres enfants de la classe : ils disposent de deux professeurs en permanence, ils s’imprègnent (voire profitent) des ressources d’une langue visuelle pour les apprentissages, ils vivent quotidiennement et finement l’approche de la différence. Très rapidement d’ailleurs cette différence ne leur apparait plus étrange car elle est présente aux cours, aux intercours, aux récréations. Il n’est pas rare de voir des enfants entendants signer pour communiquer avec leurs compagnons de classe. Un cours parascolaire de langue des signes est organisé à leur intention.

Dans le secondaire, une classe par niveau s’inscrit dans cet enseignement bilingue ».

Si le succès est au rendez-vous, des obstacles se dressent encore face au développement de ce mode d’enseignement toujours marginal, parmi lesquels, le manque de subsides. « La Fédération Wallonie-Bruxelles assure un soutien financier de la première maternelle à la deuxième secondaire. Après, c’est l’asbl École et Surdité qui prend les frais en charge », explique Claire de Halleux, co-fondatrice et administratrice déléguée de l’asbl Ecole et Surdité. En cause ? L’éclatement des filières d’enseignement après la deuxième secondaire.

L’intégration des enfants et jeunes sourds et malentendants dans les classes ordinaires progresse. En 2013-2014, il concernant  250 élèves, soit 21 % des sourds et malentendants. Cela reste encore insuffisant même si ce pourcentage est nettement supérieur à celui observé dans les autres handicaps (exceptés les handicaps de la vue).

Source :

  • texte  : http://secondaire.sainte-marie-namur.be/pedagogie/classes-bilingues
  • Film réalisé en 2015 par Raphaël Volon. Musique de Julien de Hollogne : https://www.youtube.com/watch?v=kxQISAMN01A

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