L’ONE fixe trop de règles

ParPatrick Jonniaux

L’ONE fixe trop de règles

Réveillons-nous, bordel ! On nous mène par le bout du nez !

Nous étions responsables

Nous étions responsables d’un lieu d’accueil alternatif de la petite enfance depuis plus de 28 ans.

Nous étions soutenues et encouragées par les responsables de l’ONE, qui trouvaient l’idée originale et pertinente. Ils n’avaient pas, à l’époque, réponse à tout, et permettaient les différences.

Nous étions parrainées par une association en lien avec l’ONEM visant à faciliter la création d’emploi.

Pendant ces années, nous avons vécu harmonieusement notre travail, grâce au soutien de ces différentes instances, pour notre bonheur, pour celui des enfants que nous accueillions, et de leurs parents qui y trouvaient un cadre en accord avec leurs valeurs. Une sorte de « Tout autre chose » avant la lettre ?

Aujourd’hui, nous n’avons plus la responsabilité de quoi que ce soit.  Deux fois rien, non ? Une crèche qui ferme ses portes, et puis ? Et puis ? C’est une manière d’être au monde qui est battue en brèche, et une manière qu’a le monde d’être à nous qui se joue. C’est de ça qu’il est question.

Entendons-nous : Il y a eu, pendant ces 28 ans, bien des remises en question. Et nous étions d’accord. La collaboration était fructueuse. Mais depuis deux ans le vent tourne. Depuis deux ans la pression augmente. L’accueil de la petite enfance, a fortiori alternative, est devenu un parcours du combattant.

Mais peut-être ne sommes-nous plus nécessaires ?

Il semble pourtant bien que oui. Et il nous semble que nous le sommes pour des raisons essentielles :

  • Nous n’avons jamais été autant interpellées par le public, les familles d’un quartier en mutation, des parents en burnout familial. Des parents qui ne trouvent plus de place pour leur enfant, parce qu’ils ne rencontrent pas de lieu d’accueil correspondant à leurs convictions, leurs besoins, voire, pour certains, leur survie.
  • Quelle structure pour les accueillir ? Où vont-ils être entendus et aidés ? Où vont-ils trouver un lieu qui peut accueillir leur enfant en leur offrant l’assurance d’être respectés dans leurs convictions ?
  • Nous sommes en première ligne à tous niveaux : Des parents de plus en plus nombreux s’interrogent, quel monde transmettent-ils à leurs enfants ? Et ils tentent de s’informer, réfléchissent sur les vaccins, la nourriture, l’écologie, l’éthique politique… Notre accueil se voulait un accueil complet : accueil des enfants, et des parents avec tous leurs questionnements. Chaque personne était une, unique, et reconnue dans son unicité. Et tous, parents comme accueillants, avions pleine conscience de nos choix, de nos tâtonnements et de nos responsabilités.

Mais, nous l’avons déjà dit, on veut que nous ne soyons plus responsables de rien. Nous ne sommes plus responsables de notre lieu d’accueil, et si nous l’étions encore, nous ne serions plus responsables de nos choix éthiques et moraux, nous serions réduits au rôle d’exécutantes serviles. ET C’EST VRAIMENT DE CELA dont il est question ici.

wrong way-one way - CopieReprenons :

Pouvons-nous admettre qu’on nous dise, en tout et pour tout, ce qu’il faut faire, même quand ce qu’il faut faire ne nous agrée pas ?

Pouvons-nous admettre que de plus en plus on en revient à « Je ne veux voir qu’une seule tête » ?

Pouvons-nous admettre de n’être, ici aussi, plus des citoyens, mais des consommateurs sans conscience ?

« L’ONE fixe trop de règles. On est des exécutants, obligés d’accepter les règles, même quand elles vont à l’encontre de ce que l’on pense. »

Nous ne l’admettons pas. Oh, nous ne sommes pas de doux rêveurs, nous n’attendons pas le grand soir pour demain matin, nous voulons simplement que restent ouverts des lieux qui accueillent ceux qui entrent dans la vie en offrant une souplesse, un droit au respect des convictions de chacun.

Mais ce droit-là bafoué dans l’accueil des tous petits, nous en sommes convaincues, c’est le début de la longue marche vers l’obscurantisme à tous les niveaux (phagocytez-moi tout ça dès le départ, ça facilitera la suite).

C’est ce combat-là qui nous et vous importe. C’est ce dire-là que nous martelons, que nous martèlerons encore et encore.

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Patrick Jonniaux administrator